Après la seconde guerre mondiale et pendant la bataille du charbon, les houillères se trouvent confrontées à une forte demande de logements. Une des solutions pour y répondre rapidement est le procédé « Camus » qui permet de construire vite et surtout moins cher.
L’empreinte des doctrines modernistes visant la standardisation de la construction est directement perceptible dans les procédés Camus. Le concept consiste en la préfabrication en usine des grands modules ou panneaux de 7 m de long sur 0.20 m d’épaisseur assemblés sur site en 14 jours.
L’usine des Camus haut était située dans une ancienne scierie à Fort de Scarpe. Le béton est coulé sur un « marbre » en tôle d’acier. La pièce est ensuite passée à l’étuvage pour enlever l’excédent d’eau et accélérer la prise. Au bout de deux heures, la pièce est démoulée. Elle est ensuite entreposée sur un chevalet dans le parc de stockage. Chaque habitation comprend 30 panneaux pesant de 1 à 6 tonnes.
Les Camus sont caractéristiques d’une époque et d’un modèle constructif. Leur présence en nombre sur le territoire a poussé l’Engagement pour le Renouveau du Bassin Minier (ERBM) à préserver ces bâtiments historiques qu’il s’agit désormais de réhabiliter en masse, à l’image de leur construction.
Cette rénovation doit permettre de préserver leurs caractéristiques principales : les 4 modules de façades assemblés avec un joint creux visible ; la symétrie des percements ; les trumeaux en avant des façades ; les casquettes, bandeaux et la légère ombre portée créée par ces différents plans sur la façade.